Une personne de talent doit-elle recevoir une formation spécifique ? >> Jenny Young, Nicki Bowden et Ed Milner

Nicola Bowden – Directeur, Académie de danse de Wheathampstead, Ed Milner – Directeur de la Section Musique, Sage Gateshead et Jenny Young – Responsable de la stratégie « Sing Up Accessible Learning », Sage Gateshead

Cette session a été présidée par M. Ed Milner, la présentation étant assurée par Nicola Bowden. Le débat ouvert à tous animé par Jenny Young portait sur le thème de la progression participative et accompagnée des jeunes talents de la musique et de la danse.

Le titre était très provocateur, conçu pour que tout le monde pense et parle au sujet des thèmes et situations spécifiques exposés à la suite :

Soutenir la progression

>> Quel environnement convient pour la progression des enfants et jeunes gens doués et talentueux ?

>> Comment fait-on pour encourager la progression participative par le biais de parcours personnalisés ?

>> Comment les écoles appréhendent-elles la progression et accompagnent les jeunes pour que ceux-ci progressent ?

>> Existe-t-il un modèle qui puisse nous aider dans la fonction de coordonnateur des besoins spécifiques en matière d’éducation ?

Le contexte politique

>> Rapport d’Henley au sujet de la Musique

>> Rapport d’Henley au sujet de la Culture

>> Musique à l’école par Ofsted – Toujours plus répandue

>> Musique à l’école par Ofsted – Partenariats intelligents

>> Récompenses pour la structure de progression de jeunes musiciens (projet)

>> Le livre blanc de SEND (Besoins spécifiques en matière d’éducation et handicaps)

Chacun a apporté sa propre expérience, mais afin d’offrir une autre perspective, Nikki Bowden a assuré une brève présentation de son travail

J’enseigne le ballet depuis ces 20 dernières années. J’ai enseigné dans de nombreux établissements de formation locaux et de formation professionnelle à la danse. J’ai ouvert ma propre école à Hertfordshire il y a 15 ans. Je suis également directrice du ballet junior et du ballet senior de Londres. Il s’agit d’un programme intensif assuré une fois par semaine et destiné aux étudiants qui souhaitent poursuivre une formation à un niveau professionnel. Je suis répétitrice personnelle en première et deuxième année au Studio Centre de Londres et j’enseigne le ballet aux étudiants en formation professionnelle dans le cadre de la formation diplômante.

Je me suis tout d’abord intéressée aux besoins spécifiques en matière d’éducation dans le domaine de la danse très tôt au cours de ma carrière, lorsque j’ai commencé à enseigner à un jeune garçon de 11 ans dans une école de formation professionnelle au ballet. Il se confrontait à des exercices de base qu’il abandonnait rapidement, il donnait l’image de quelqu’un qui s’ennuyait, se montrait paresseux et fatigué. Après avoir parlé avec le personnel académique, j’ai découvert qu’on lui avait diagnostiqué une dyslexie et une dyspraxie. J’ai alors décidé de changer ma façon d’enseigner, en adoptant des stratégies comme le fait de ne pas utiliser de reflet dans le miroir, d’être bien plus positive dans la façon de donner mes orientations, et de passer quelques minutes à la fin de la classe pour lui demander s’il avait des doutes ou des questions. Aussitôt, ceci a eu un impact positif, non pas léger, mais énorme, qui m’a à la fois fascinée et intéressée. C’était très encourageant et gratifiant de le voir atteindre tout son potentiel à la fin de l’année et de le voir capable de participer et de sourire en classe.

A l’aulne de cette expérience, j’ai continué à enseigner à des étudiants avec des besoins spécifiques en matière d’éducation ainsi qu’à des étudiants sans particularité diagnostiquée qui sont ensuite devenus des danseurs professionnels.

La plupart des étudiants qui ont des besoins spécifiques en matière d’éducation ont une faible estime de soi et j’ai découvert certaines stratégies de travail telles que :

>> ouvrir la classe de manière positive et amicale ;

>> donner un programme de classe clair sur ce qui va être fait et ce que j’aimerais que l’on parvienne à faire ensemble, avant chaque exercice ;

>> utiliser ma voix de manière enthousiaste et modifier mes expressions du visage ;

>> si la classe manquait un peu d’énergie, j’ai trouvé une citation de Tom Watson pour la réveiller : « Envie, Investissement personnel, Détermination et un peu de talent » ;

>> le fait de serrer la main à la fin de la classe s’est avéré très positif, c’est en effet le moment de donner quelques mots d’encouragement et de félicitations.

Ces stratégies ont eu un impact positif non seulement sur les étudiants qui ont des besoins spécifiques en matière d’éducation, mais sur tous les étudiants.

En tant qu’enseignant, selon moi la progression consiste à accompagner le talent et la passion, pour être capable de changer et de faire participer tous les étudiants, et d’enseigner non pas à une classe, mais à chaque étudiant d’une classe. La progression consiste à ce que les étudiants développent tout leur potentiel.

Jenny Young a modéré la discussion ouverte au sein du groupe, qui a relevé quelques idées fondamentales.

Quels types de modèles de progression ont fonctionné ?

Ces modèles fonctionnent lorsque…

>> des structures et des voies qui ne sont pas simplement linéaires et orientées vers des objectifs sont mises en place, notamment les pyramides et les cycles (en permettant aux jeunes de restituer leur expérience aux plus jeunes) ;

>> il y a eu des difficultés ; avec des meneurs à long terme et sur la durée, avec des hauts et des bas ;

>> des équipes de soutien ont été mises en place autour de ces jeunes ;

>> un processus facilité a conduit à réaliser un objectif pertinent ;

>> il n’est pas nécessaire qu’il y ait un seul résultat ;

>> les jeunes sont incités à regarder ou à comprendre des environnements qui reflètent une certaine progression et la construction d’un parcours.

Ces modèles fonctionnement s’ils…

>> comportent une progression définie ;

>> sont fondés sur une culture d’honnêteté et de respect ;

>> offrent des opportunités ;

>> impliquent une communication transparente au gré des stades de progression ;

>> permettent une évolution pour atteindre un objectif mesuré, surveillé, et lorsqu’il y a une bonne communication :

>> apportent satisfaction.

Où pensez-vous qu’ils peuvent échouer ?

>> lorsqu’ils ont un caractère imposé ou des impacts spirituels ou sociaux ;

>> dans des contextes protectionnistes ;

>> lorsqu’il y des problèmes de classes ;

>> lorsque l’on se contente d’utiliser le système restrictif consistant à « cocher des cases’ ;

>> lorsque l’on adopte une vision à court terme ;

>> des blocages sont causés par des aspects bureaucratiques émanant des institutions.

Au sein des groupes, les délégués ont étudié les orientations générales du Coordonnateur de besoins spécifiques en matière d’éducation et ils sont arrivés à certaines conclusions, qui sont illustrées dans les déclarations énoncées à la suite.

>> Récompenses pour la progression de jeunes musiciens (projet) L’environnement global dans le cadre duquel ces itinéraires se déroulent doit être envisagé de manière globale, plutôt que de manière focalisée sur les itinéraires de progression particuliers déjà souvent empruntés dans cet environnement.

Fonction du coordinateur de besoins spécifiques en matière d’éducation : (mettre le nom en anglais aussi car spécifiquement anglais ?)

– Vision stratégique des besoins spécifiques en matière d’éducation et inclusion par le biais de l’école, notamment grâce à : la programmation, la rédaction de politiques, le conseil et le soutien d’autres membres du personnel. Lorsqu’on l’utilise, il convient aussi de rédiger des guides relatifs aux dispositions pour les individus/groupes d’élèves.

– Gestion du budget et des ressources, y compris un audit annuel (le cas échéant) pour garantir un financement complémentaire de la part des autorités locales.

– Veiller à ce que les élèves, y compris ceux qui présentent des besoins spécifiques en matière d’éducation, puissent faire valoir leur droit à une formation complète et aient accès au cursus complet

Rapport Henley sur l’éducation musicale en Angleterre

: Il devrait y avoir un parcours de progression clair pour les enfants après l’éducation instrumentale initiale et gratuite qui est déjà offerte. Ce pacours serait testéavec des parents dont les revenues se situent sous un niveau convenu pour bénéficier d’un financement partiel ou total de la formation.

Musique à l’école par Ofsted – Toujours plus répandue

: Les écoles dans lesquelles le cursus est plus léger démontraient une compréhension plus réduite de la progression musicale ou n’accordaient pas suffisamment de temps à la musique.

Conclusions

Communication

>> Une communication claire et transparente est nécessaire au sujet de la progression, pour offrir des opportunités fournies grâce, et par le coordonnateur des besoins spécifiques en matière d’éducation et des Music Education Hubs (Centres de formation musicale).

Financement

>> Le financement est un obstacle. Le fait d’avoir différentes sources de financement peut rendre la compréhension de la progression très complexe pour les familles et les écoles, et, lorsqu’elles existenton ne peut pas simplement présumer que les familles en feront la demande.

Comprendre les gens

>> Il est trop facile d’avoir des préjugés sur les gens, et nous devons garder à l’esprit que ce sont des individus, avec des besoins spécifiques.

Les modèles

>> Les Coordonnateurs des besoins spécifiques en matière d’éducation sont soumis à une pression considérable et ont des ressources limitées ; il est donc nécessaire de tirer des leçons d’autres parcours de progression (notamment, les scouts).

>> Il y a deux types évidents de progression : le parcours global et flexible, qui mène à divers résultats, et le parcours plus circonscrit, qui mène à un résultat spécifique. Les parcours doivent s’accorder entre eux et interagir, et nous avons tous besoin de les comprendre afin de conseiller les jeunes.

Écoles

>> Les écoles ne comprennent pas nécessairement la progression en musique et en danse, très différente de celle des sujets plus académiques (comme les mathématiques). La progression n’est pas clairement définie, ni dans le cursus, ni à l’extérieur, et les responsables doivent assumer le travail qui consiste à faire comprendre la progression en danse et en musique dans leurs écoles. Ce manque de communication peut pénaliser les élèves.

>> La musique et la danse peuvent exister pour elles-mêmes – elles n’ont pas besoin d’être justifiées ou liées à d’autres matières.

Responsabilité

>> L’attribution de la responsabilité de faciliter la progression de la danse et de la musique n’est pas claire : cette responsabilité repose-t-elle sur la famille, l’école, les Coordonnateurs des besoins spécifiques en matière d’éducation, ou sur quelqu’un d’autre ?

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