Travailler à partir de la base : création d’une infrastructure nationale pour la formation musicale en Irlande >> Rosaleen Molloy et Patricia Flynn

Rosaleen Molloy et Patricia Flynn ont retracé l’historique de l’évolution du programme national de musique en Irlande.

Introduction

. En tant que nation, nous avons essayé de développer au cours des 30 dernières années (sinon plus)un programme national de la musique. Nous pensions que ceci serait réalisable durant notre essor économique. Contre toute attente, deux facteurs ont contribué à sa mise en place : le risque d’une diminution des aides publiques lors de la récession, et la création d’un programme en faveur de l’éducation musicale dûment piloté et évalué. C’est sur ces bases que se sont rassemblées les figures marquantes que sont U2 et l´organisation internationale non gouvernementale

d’aide à l’Irlande The Ireland Funds, et qui les ont amenés à nouer le dialogue avec les services du gouvernement pour soutenir un modèle d ‘éducation musicale durable au-delà de la conjoncture économique actuelle. Cette démarche visait à assurer à l’avenir une possibilité pour chaque enfant, quels que soient son lieu d’habitation,, ses moyens financiers, ses conditions sociales, ses attentes ou son identitité culturelle, d’avoir accès à une formation musicale vocale ou instrumentale : une formation à la performance musicale.

La responsabilité de la réalisation de cet objectif repose aujourd’hui sur une nouvelle organisation : Music Generation. Cette initiative est l’un des développements les plus significatifs dans le domaine de la formation musicale irlandaise, et elle a la capacité de changer non seulement la formation musicale en Irlande, mais aussi le rôle des musiciens dans les communautés locales, en particulier en dehors des grands centres urbains. Notre exposé décrit le paysage dans lequel ce service musical s’est développé, ainsi que la manière dont ce plan a été mis en œuvre.

Le paysage I : un terrain déjà bien labouré et peu de plantations

Beaucoup pensent à l’Irlande comme à un pays riche sur le plan musical. C’est en réalité un terrain bien labouré qui regorge de nutriments, mais dans lequel on a très peu planté. Le potentiel existe pour la création d’un environnement riche en éducation musicale. Mais dans beaucoup de zones, ce potentiel demeure en jachère pour les enfants et les jeunes, ou bien a été partiellement cultivé puis abandonné à l’état de projet-pilote. D’après le commentaire d’un consultant en arts du spectacle irlandais, nous sommes un pays qui permet que les choses se produisent, mais qui ne fournit pas les conditions nécessaires pour ce faire (Dury, 1997). Afin de développer ce potentiel, nous avions besoin d’un plan ou d’un modèle efficace. C’est là que Music Generation entre en jeu.

Nous avons intitulé ce document « À partir de la Base » (ou dès la base ?) pour deux raisons.

Premièrement, c’est le début d’un tout nouveau modèle d’éducation musicale. En substance, il ne remplace rien ; c’est presque un espace vide (Fennessy, 2013). Actuellement, il n’y a pas de système exhaustif de formation vocale et instrumentale national financé par l’Etat en Irlande. Il a fallu l’inventer.

Nous sommes en décalage complet par rapport aux autres pays européens dans ce domaine (Music Network, 2003).

Deuxièmement, le nouveau système s’est développé localement au sein d’une structure nationale. En effet, il procure aux organisations locales, qui connaissent leurs communautés mieux que personne, les ressources pour concevoir et développer des services musicaux d’une manière qui puisse répondre à leurs besoins spécifiques, et tirant parti de leurs ressources régionales particulières. Il recherche la diversité et cherche à éviter le modèle « taille unique », même si cela est plus difficile qu’on ne le pense. En cherchant à comprendre une nouvelle initiative, il est courant de privilégier la certitude et d’opter rapidement pour la création d’un système homogène.

Le paysage II : séparation entre deux concepts

Par le passé, il existait deux concepts d’éducation musicale en Irlande :

  • D’une part, l’éducation musicale en pratique : c’est-à-dire apprendre à jouer d’un instrument ou à développer sa voix. Celle-ci était plutôt assurée à titre privé en dehors du système d’enseignement public, ou bien en tant qu’enseignement professionnel ou technique.
  • D’autre part, les études de musicologie, qui peuvent aborder les questions liées à la pratique sans en constituer l’essentiel ou l’objectif principal.

Voici ce qui était en partie proposé par le système d’enseignement public au niveau des enseignements primaire et secondaire, ainsi que par la plupart des programmes musicaux universitaires ; la représentation artistique ne constitue qu’une partie des examens, mais des étudiants prennent des cours privés qu’ils financent eux-mêmes en dehors de leur cursus.

La séparation entre ces deux concepts de formation musicale produit un enseignement public général très organisé, dont la musique fait partie intégrante, mais sans système spécialisé en formation musicale. Cette séparation de la formation pratique et de la formation générale musicale a des origines historiques. Cela remonte aux années 30, au cours desquelles la musique était catégorisée comme une « formation technique » en vertu de la loi sur l’enseignement professionnel, qui s’est étendue pour inclure « la pratique d’instruments musicaux, la formation musicale vocale et la formation pour chorales et orchestres », fournie (dans la mesure du possible) par les écoles techniques ou les comités de formation professionnelle (Vocational Education Committees, VEC) (Saorstat Eireann, 1930/1949). A l’époque, ceux-ci s’intéressaient principalement aux formations pratiques ainsi qu’aux formations professionnelles telles que celles de plombier ou d’électricien. Ce schéma aurait pu se transformer en un système d’écoles de musique. Toutefois, il n’a pas été développé de manière systématique dans les zones VEC.

Trois écoles municipales principales étaient soutenues par les VEC (à Dublin, Cork et Waterford). Chacune d’entre elles devint par la suite un institut de formation technologique supérieure, qui inclut dorénavant une formation musicale pratique, du niveau débutant jusqu’au diplôme universitaire, suivant le modèle du conservatoire. Celles-ci offrent une excellente formation musicale, si vous vivez dans ces zones. On a pu observer un développement individuel sporadique dans d’autres zones relevant des VEC : certains ayant une activité continue, d’autres pas. Le résultat général donna lieu à des zones fournissant de solides formations musicales, mais avec de profondes lacunes et une offre de formation publique réduite en dehors des pricipaux centres urbains. La formation musicale pratique était en grande partie dispensée par des écoles musicales et des professeurs de musique privés. Ceci est un aspect important à prendre en compte pour développer un nouveau système. Toute formation musicale au niveau national ne doit pas entrer en compétition avec les prestations privées existantes, qui ont accumulé expertise et excellence.

Le paysage III : carence de système national d’éducation musicale

les raisons financières pour lesquelles la formation musicale nationale ne s’est pas développée dans beaucoup de zones VEC sont :

  • La nécessité d’une grande main d’œuvre spécialisée,
  • la perception d’un coût unitaire élevé d’un modèle basé sur des cours particuliers ou en petits groupes comptaient parmi.

Par conséquent, l’Irlande s’est retrouvée sans système national d’éducation musicale. Presque tous les rapports publiés sur l’état de la musique en Irlande au cours des 30 dernières années ont fait le constat de cette lacune et de ses conséquences pour le développement de la musique (Shiel, 2008 ; Heneghan, 2001 ; The Piano Review Group, 1996 ; and Herron, 1985).

En 1996, The Piano Group Review a remarqué qu’au-delà d’une ligne imaginaire tracée d’Ennis à Dublin, on ne trouvait aucune école de musique financée par l’Etat. Ceci exclut plus de la moitié de la superficie de l’Irlande. Donc si vous vivez à Roscommon ou à Donegal, et désirez apprendre à jouer du violoncelle, il vous faudra peut-être parcourir une distance considérable pour trouver un professeur. Il vous faudra avoir une certaine stabilité financière, le milieu familial adéquat et être capable d’investir dans une formation privée pour appuyer ce projet, ainsi que trouver un professeur ayant l’expertise nécessaire pour vous enseigner à jouer de cet instrument jusqu’à un niveau avancé.

Bien sûr, vous obtiendrez peut-être plus facilement une formation en musique traditionnelle ou au sein d’une fanfare, ces deux options se trouvant au niveau communautaire et au niveau national. Mais si c’est jouer du violoncelle qui vous tient à cœur, la flûte n’est pas une option à la hauteur. De même, si vos intérêts vous portent vers la musique traditionnelle, et que vous désirez jouer de la cornemuse irlandaise, un violoncelle serait une piètre substitution. Et si vous voulez chanter le blues, une formation classique ne vous satisfera pas.

La formation de musique traditionnelle offerte par Comhaltas Ceoltoiri Éireann (CCÉ) est un exemple de l’efficacité d’une formation musicale communautaire dispensée localement, au sein d’une organisation nationale. Le modèle est plus informel, intergénérationnel et communautaire, fondé sur ce que Marie McCarthy décrit comme « maître-professeur-interprètes », et « communautés locales de musiciens » (McCarthy, 1999). Là où existent des délégations de ce réseau, on trouve une formation pratique en musique pour divers instruments, et des personnes impliquées dans les pratiques culturelles attachées à cette musique. Cependant, alors que ce réseau a une présence géographique plus étendue, et qu’il possède des centres d’excellence, il existe des zones dépourvues de délégations actives, et le dynamisme de chaque entité locale dépend de l’engagement local, souvent bénévole. Ainsi, certaines zones du pays s’en tirent mieux que d’autres.

La possibilité d’accéder à une formation dans le style musical qui vous intéresse, que ce soit la musique populaire, classique, traditionnelle ou le jazz, est pour beaucoup une loterie géographique, financière et culturelle.

Une autre difficulté à relever pour résoudre cette inégalité consiste à déterminer si elle relève du développement des disciplines artistiques ou du domaine de l’éducation, et quel ministère doit en assumer la responsabilité.

Semer les graines

Si ceci représente le terrain, des graines positives furent semées en 2003. L’organisation musicale Music Network se vit confier par le Ministère des Arts, des Sports et du Tourisme de l’époque, en coopération avec le Département de l’Éducation et des Sciences, la mission de produire une étude de faisabilité décrivant comment un système public « d’écoles de musique » locales pourrait être mis en place (Music Network, 2003). Music Network fut fondé initialement dans le but d’élargir l’accès à la musique classique, traditionnelle et au jazz, notamment avec un programme de tournées régionales. À l’époque, sa mission consistait à « offrir à tous en Irlande l’accès à une activité musicale de haut niveau, sans considération de la situation géographique ou des circonstances personnelles de chacun », c’était ainsi l’organisation idéale pour accomplir cette tâche.

Leur rapport de faisabilité, A National System of Local Music Education Services (Un Système National de Services de Formation Musicale), appuyé sur de solides travaux de recherche, préconisait le modèle examiné plus en détail ci-dessous. Ils prenaient en compte des rapports antérieurs qui identifiaient une lacune en matière de services de formation musicale complète, dispensée localement et au coût abordable, et soulignaient ces piètres résultats en comparaison avec la disponibilité de ces services dans d’autres pays européens.

Une étude de 1999 de l’Union des Ecoles européenne de Musique démontre que seulement 0,2 % des enfants et des jeunes de moins de 25 ans en Irlande avaient accès à une formation musicale vocale et instrumentale soutenue par des fonds publics, principalement car il n’y avait pas d’accès à ces formations. Des résultats similaires furent trouvés en Suède avec 12,2 %, au Danemark avec 9 %, En Slovénie avec 3,4 %, et en Finlande avec 3 %.

Music Network a correctement diagnostiqué la difficulté que représente l’éducation musicale de dépendre de deux ministères, car ne correspond pas à la structure standard du système d’éducation publique, et ne repose pas uniquement sur une formation artistique. Malheureusement, relever de deux ministères fut également le sort réservé à ce rapport.

Bien que ce rapport ait été lancé durant notre période d’essor économique, et alors que l’on pouvait s’attendre à ce que les mesures préconisées soient mises en place, il fallut encore attendre pour voir se développer un projet pilote sur une durée de deux ans financé par le Ministère de l’Education, et couvrant à peine deux zones, à savoir Dublin et Donegal. Sachant le sort réservé aux projets pilotes précédents, Music Network prit la précaution judicieuse de faire réaliser une évaluation, qui conclut que le modèle était « une structure efficace et reproductible pour le développement des services de formation musicale…à plus grande échelle en Irlande » (KTCL, 2009).

Toutefois, le pays est passé de la prospérité à la débâcle, peu de fonds étaient donc disponibles pour financer de tels plans. Le rapport risquait fort d’être classé et oublié, comme beaucoup d’autres rapports sur ce sujet.

C’est à ce moment que le groupe de rock U2 se proposa d’offrir les fonds de démarrage pour un nouveau système d’éducation musicale pour l’Irlande, avec un fonds de 5 millions d’euros. L’organisation philanthropique américaine The Ireland Funds s’engagea à réunir 2 millions d’euros de plus et à assurer l’administration des donations. Un financement de 7 millions d’euros sur une période de cinq ans pour réaliser le plan de Music Network et mettre en place un système national de formation instrumentale et vocale peut représenter beaucoup d’argent, mais cela n’était pas suffisant pour mettre en œuvre la totalité du plan. Les donateurs exigèrent que les fonds soient ciblés pour garantir un impact conséquent et durable sur le long terme. Ce financement avait pour but de soutenir les nouvelles dispositions, et non pas de devenir une alternative aux dispositions en vigueur. Il avait pour but de combler les lacunes. Il devait être utilisé uniquement pour la formation vocale et instrumentale, dans divers styles musicaux, et axé sur les enfants et les jeunes jusqu’à l’âge de 18 ans.

La réalisation la plus importante des donateurs avant de financer ce plan fut d’obtenir l’engagement du Ministère de L’Éducation et des Compétences de continuer à financer ce modèle après cette phase de démarrage, ce qu’ils acceptèrent en raison de l’engagement de co-financement qu’il impliquait.

Le modèle philanthropique et les bases de la durabilité

Les objectifs et le mode de pensée philanthropiques ont très fortement influencé le modèle de Music Generation, lui conférant des caractéristiques novatrices.

Premièrement, le poids exercé par la réputation de ces donateurs sur le gouvernement fut un élément essentiel pour l’obtention d’un projet qui rencontrait auparavant r beaucoup de résistance. U2 n’utilisent généralement pas son nom pour appuyer de telles initiatives, préférant d’habitude la discrétion ; dans ce cas particulier, ils eurent le sentiment que cela les aiderait à atteindre leurs objectifs et augmenterait la probabilité que le Ministère de l’Éducation et des Compétences accepte de prendre la relève du financement après la phase de démarrage.

Deuxièmement, le programme n’est pas autonome, et il est donc vulnérable. Il est également lié à des organes statutaires locaux, et encourage l’engagement de prestataires privés, ainsi que d’organisations communautaires telles que la CCÉ.

Troisièmement, il est fort inhabituel en Irlande que l’infrastructure publique nationale soit financée par un acte philanthropique. C’est un élément novateur, mais pas sans précédent, puisque ce fut le cas pour les bibliothèques Carnegie construites en Grande-Bretagne et en Irlande financées par le philanthrope écossais-américain Andrew Carnegie, qui fit des donations uniquement à ceux qui firent la promesse de continuer à financer les travaux. L’approche de Music Generation est similaire, elle cherche à assurer que le programme soit durable, ceci étant la quatrième principale caractéristique du mécanisme de mise en œuvre des Partenariats de Music Education (Music Education Partnerships, MEP).

Music Generation offre un financement de démarrage portant sur une durée de trois ans pouvant atteindre 200 000 euros annuels aux MEP locaux dans le cadre d’un appel d’offres ouvert, dans lequel les plans chiffrés et détaillés de ces derniers doivent démontrer que le service a un caractère durable sur le long terme, et comprend des ressources croisées. Au terme de trois ans, les subventions du Ministère des Finances devront prendre la relève des dons philanthropiques.

Partenariats de formation musicale

Les MEP sont des groupes locaux ou régionaux qui, au travers de partenariats et de collaborations, développent la formation musicale et améliorent leurs services au niveau local, de la même manière que les centres de formation musicale Music Education Hubs au Royaume-Uni. L’approche « À partir de la base », dans le cadre de ce modèle, consistait à positionner stratégiquement les MEP au sein de structures de Conseil en développement des comités locaux (Local County Development Board), dotés de l’entière responsabilité des politiques sociales, économiques et culturelles au niveau du comté, et qui rassembleraient l’éducation formelle et les secteurs locaux de développement des disciplines artistiques.

Habituellement, les MEP sont composés d’experts et de groupes d’intérêt. Les membres peuvent inclure des représentants de secteurs d’origines variées tels que l’éducation, les arts, les secteurs public ou privé, les univers professionnel, communautaire et bénévole ; par exemple des agents de développement des disciplines artistiques des autorités locales, des contrôleurs financiers, des représentants du secteur préscolaire, primaire, post-primaire et des institutions de l’enseignement supérieur, ainsi que des fournisseurs de services artistiques locaux tels que des promoteurs, des festivals, des centres d’art ou bien des salles de spectacle.

Tout comme les Music Hubs britanniques, ils sont gérés par un chef de file, à savoir une agence officielle telle qu’une autorité locale ou un VEC, dont la participation est cruciale pour remplir les conditions de l’objectif à long terme : mettre en place une infrastructurepermanente et soutenue par des fonds publics pour l’éducation musicale.

Les fonctions principales des MEP comprennent notamment :

>> le développement d’une stratégie pour un service local de formation musicale de haute qualité, qui prenne en compte un développement musical plus large en dehors de tout contexte éducationnel.

>> l’établissement une structure durable pour la prestation de services en formation musicale

>> l’établissement de structures de gouvernance, de gestion et d’administration

>> l’identification des besoins de financement et autres types de supports tels que les lieux de répétition, de représentation et d’enseignement

>> la gestion du développement de son service en fonction de la demande locale, par exemple

>> le travail avec des partenaires variés au niveau local, régional, national et international

>> la prestation d’un service d’éducation musicale local, de haute qualité, et accessible

Au cours des 18 derniers mois, Music Generation a progressivement développé le programme dans neuf zones à travers tout le pays, et compte inclure trois zones supplémentaires sur les 18 mois à venir. Au cours de la phase initiale, Music Generation pensait fournir de petites subventions pour débuter un développement sur tout le pays, mais décida qu’un investissement plus conséquent sur 12 comtés serait plus favorable, là où il serait possible de susciter un impact important et un véritable changement.

Le modèle

Le modèle identifié par les MEP locaux serait mis en place au sein d’une structure nationale, qui serait :

>> soutenue par des fonds publics ;

>> socialement participative ;

>> axé sur la communauté ;

>> représentant une diversité de genres musicaux ;

>> de haute qualité ;

>> complémentaire aux prestations existantes.

L’approche de l’éducation musicale de Music Generation est fondée sur ces caractéristiques. Afin d’atteindre ces objectifs au niveau local, et pour intégrer ces services dans la communauté à partir de la base, les partenariats devront inclure certains facteurs clés.

Les partenariats de la formation musicale

>> doivent toujours avoir une agence officielle comme chef de file afin d’assurer un système soutenu par des fonds publics au niveau local (actuellement deux d’entre eux sont des services des arts des autorités locales, et sept d’entre eux sont des VEC)

>> travaillent en collaboration avec des organisations variées issues de plusieurs secteurs (par exemple l’éducation formelle, le développement communautaire, la jeunesse et l’inclusion sociale) pour développer des systèmes et structures qui favorisent l’accès participatif (comme des programmes dans les crèches, centres de jeunesse des écoles d’enseignement primaire et secondaire, clubs parascolaires, écoles de musique, centre d’arts, théâtres, studios d’enregistrement, salles paroissiales et centres communautaires)

>> développent des programmes conçus en fonction de la demande locale et fortement axés sur la communauté (par exemple, dans le comté de Sligo, un programme est offert à tout enfant ou jeune pour accéder à la formation vocale et instrumentale. Dans le comté de Mayo, un large comté rural peu peuplé qui comprend des îles, une banque d’instruments est en cours de développement, afin d’en faciliter l’accès dans tout le comté. Dans le comté de Louth, des programmes de fanfare pour les jeunes sont en cours de développement pour la régénération et le soutien de la fanfare communale)

>> collaborent avec un éventail de compétences musicales en tous genres (des chorales, des compositeurs, des auteurs compositeurs, musiciens de rock, des musiciens de musique irlandaise traditionnelle et musiciens de jazz)

>> travaillent en partenariat avec les musiciens (par exemple à Cork City, des collaborations ont lieu avec des compositeurs pour la création de nouvelles œuvres pour toute une variété d’ensembles musicaux ; au comté de Wicklow, le recrutement d’un directeur artistique pour un programme de chorale du comté est en cours ; au comté de Laois un programme de cornemuse irlandaise est en développement avec Na Píobairí Uileann)

Apprentissage et implications

Points clés de l’apprentissage (reformuler)

>> Le travail caché du développement qu’implique la phase de création et de mise en place, et la transition de l’application à la mise en œuvre, où la poursuite du développement du partenariat (en particulier avec le MEP) est cruciale.

>> Les défis impliqués non seulement par la création mais aussi le soutien d’une force de travail composée de musiciens est un élément crucial des services de « première ligne ».

Questions stratégiques

>> En tant que collectivité nous devons veiller à délivrer une formation de haute qualité, mais qu’entendons-nous par qualité en termes de formation à la représentation musicale ? Quelle est notre définition d’assurance qualité dans le contexte d’un éventail d’enseignements et d’apprentissages qui s’étend à toute une gamme de genres musicaux ?

>> Dans quelle mesure pouvons-nous dissocier la formation musicale de la manière dont la musique est produite dans les secteurs professionnels, amateurs, communautaires et bénévoles, au niveau local et national ?

>> Qu’entendons-nous par accès et participation ? Quels sont les différents angles d’approche dans le cadre de la formation musicale ?

>> Quels sont les différents éléments nécessaires pour garantir la durabilité de ces démarches, autres que les moyens financiers ?

>> Quel est le mode de fonctionnement du MEP ? Quels sont les exemples de bonnes pratiques et les rôles clés des dirigeants individuels et collectifs ?

Enjeux stratégiques

>> Le modèle de co-financement peut paraître idéal mais il comporte ses difficultés

>> La durabilité requiert un soutien solide

>> Music Generation définit la manière dont une intervention philanthropique à court terme peut permettre d’établir des partenariats à long terme et durables entre des agences locales et nationales. Le financement philanthropique au démarrage a permis à Music Generation d’envisager une interprétation plus large de la définition d’un système « financé par l’Etat », en habilitant la « propriété communautaire » dans son sens le plus large à travers un ensemble par le croisement de structures nationales du « sommet vers la base » et de soutien public « à partir de la base », contrairement au soutien public, défini et interprété uniquement comme une initiative financée par l’Etat. Le soutien « à partir de la base » est en outre renforcé par la manière dont les formations MEP incitent différents types d’expertise locale à collaborer. Chaque partenariat est unique et inclut des membres qui n’auraient pas auparavant reconnu ou donné priorité à la formation musicale comme un domaine de compétence important ou pertinent.

Conseils de lecture

  • Drury, M. (1997) ‘Tacit Approval’ in The Boydell Papers : Essays on music and music policy in Ireland Dublin : Music Network
  • Fennessey, D. (2013) interview dans le cadre du Festival de Musique contemporaine de Dublin de 2013, dans laquelle le compositeur irlandais souligne le manque de disponibilité de ce type de formation musicale pendant son enfance à Dublin
  • Heneghan, F. (2001) MEND Report: a review of music education in Ireland. Dublin: DIT
  • Herron, D. (1985) Deaf Ears? A report on the provision of music education in Irish schools. Dublin: Arts Council
  • KTCL (2009) Report of the Evaluation of Music Education Partnerships in Donegal and Dublin
  • McCarthy, M. (1999) Passing it on: the transmission of music in Irish culture. Cork: CUP
  • Music Network (2003) A National System of Local Music Education Services, report of a feasibility study. Department of Arts Sports and Tourism
  • New York Times, 15 April 1900 ‘Andrew Carnegie’s Principles of Philanthropy’
  • Saorstat Eireann (1930/1949) Vocational Education Act 1930 (extension of technical order) no 74, 1949
  • The Piano Review Group (1996) Report on the provision and institutional arrangements now for orchestras and ensembles. Department of Arts Culture and the Gaeltacht
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