L’évolution des initiatives dans le domaine de la santé pour les danseurs aux Pays-Bas >> Margot Rijven

L’évolution des initiatives des danseurs en matière de santé aux Pays-Bas

Margot Rijven Conseillère principale, Dancers » Health (Santé des danseurs)

Au cours de son exposé, Margot Rijven a décrit l’évolution de l’accompagnement de la santé des danseurs dans le cadre de la formation à la danse aux Pays-Bas au cours de ces 20 dernières années.

Introduction

Au cours de ces 20 dernières années, notre vision de la santé des danseurs a connu des évolutions majeures, qui se sont produites tant sur le plan national qu’international. Celles-ci ont été inspirées par la science de la danse ainsi que par la recherche et le développement dans le domaine médical menés par des organisations telles que l’Association Internationale pour la Médecine et la Science de la Danse (IADMS), Tanzmedizin Deutschland (tamed) en Allemagne, ainsi que dans le programme britannique de Dance UK, le Healthier Dancer Programme. La réévaluation des idées vis-à-vis des bonnes pratiques dans le domaine de la formation en danse et des l’environnements professionnels a amené de nombreuses personnes à revoir les moyens les plus appropirés afin de répondre aux demandes physiques, mentales et esthétiques d’un professionnel qui étudie la danse.

La basculement du « traitement de la blessure » vers la « prévention de la blessure » et « l’amélioration de la performance » a brisé les barrières entre les personnels soignants et les professionnels de la création artistique, même si un travail dans ce sens doit toujours être fourni. L’objectif clé est d’atteindre une qualité artistique de danse qui prend en compte la santé et le bien-être du danseur dans sa pratique quotidienne.

Les carrières de danseur professionnel exigent de pouvoir se gérer soi-même. Afin de donner à l’étudiant en danse la meilleure opportunité de pouvoir assumer sa propre responsabilité de lui-même, celui-ci doit être éduqué. Nous devons en donner les moyens aux étudiants en leur soumettant des choix qu’ils peuvent faire en connaissance de cause vis-à-vis de leurs modes de vie, de leurs formations et leurs méthodes de travail.

Cet article fait la chronique des étapes mises en place aux Pays-Bas pour que ce changement se produise, en décrivant l’évolution des programmes de santé passés et actuels réservés aux danseurs ; en observant le climat culturel existant ; et en examinant l’avenir potentiel des arts dans ce pays.

L’évolution des initiatives des danseurs en matière de santé aux Pays-Bas : SGD

La Fondation hollandaise de prévention de la santé pour les danseurs (Dutch Health Care Foundation for Dancers) (SGD) a joué un rôle crucial dans la mise en avant de la santé des danseurs dans le milieu de la danse aux Pays-Bas. De 1994 à 2004, la Fondation a été à l’origine d’une nouvelle façon de penser la santé des danseurs et de répondre à ses besoins de celle-ci en élargissant les perspectives, au delà du modèle médical, pour inclure des professionnels de la santé et des scientifiques spécialistes du mouvement. Cette initiative a mis en avant l’importance de la prévention et de la recherche scientifique, ainsi que celle de leur impact sur la formation en danse. Les membres fondateurs du comité représentaient ces différentes perspectives.

Depuis les débuts de son activité, la Fondation a inspiré le monde hollandais de la danse en contribuant à la promotion d’un corpus de connaissances et d’aperçus nouveaux, en stimulant l’échange d’information, et en encourageant la discussion et la collaboration. Par le biais de séminaires, d’ateliers et de documentation, SGD a créé un contexte dans lequel les danseurs, les étudiants en danse, les professeurs, les directeurs, les chorégraphes, les professionnels des domaines médicaux et paramédicaux, ainsi que des scientifiques et des politiciens, pouvaient échanger sur les façons de relever des défis artistiques sans mettre en danger la santé du danseur.

Les premières initiatives du SGD ont eu pour résultat deux Conférences internationales historiques et significatives : Not Just Any Body en 1999 et Not Just Any Body & Soul en 2003. Ces évènements ont remis en question des valeurs communément partagées dans la culture du milieu hollandais de la danse et ont provoqué la mise en place de nouvelles échelles de valeurs (Bronkhorst, Rijven, 2001 et Linden, 2004). Des pionniers européens tels que Julia Buckroyd, Jasmin Challis, Fiona Dick, Yiannis Koutedakis, Helen Laws, Rachel Ann Rist, Britt Tajet Foxell et Matthew Wyon ont tous apporté leur contribution à ces événements.

Malheureusement, après 10 ans, les travaux de développement du SGD s’arrêtèrent, pour cause de changements au niveau de la direction. Néanmoins, les germes ont été semés. La mise en place de programmes de santé pour les danseurs a commencé dans le cadre des cursus de Licence au sein d’écoles de danse. Les compagnies de danse ont changé également, en incluant les équipes de professionnels de santé. Le syndicat des danseurs a intégré les questions de santé à la Convention collective du secteur (Collective Labour Agreement – CAO) à destination des professionnels de la danse. La Fondation hollandaise de médecine des arts du spectacle (Dutch Performing Arts Medicine – NVDMG), une plateforme exclusivement dédiée aux professionnels médicaux et paramédicaux, a été créee. Par le biais des séminaires organisés par cet organisme, davantage de médecins généralistes et de spécialistes accèdent à davantage d’informations sur les moyens de répondre aux besoins spécifiques des danseurs et des musiciens. De nouvelles initiatives pour l’organisation de symposiums, de séminaires et d’ateliers commencent aujourd’hui à être lancées. Par exemple, des festivals annuels et biannuels de danse incluent des ateliers sur la santé des danseurs. De plus, les académies professionnelles de danse organisent des mini-symposiums sur la santé et le bien-être des danseurs.

Le SGD a été à l’origine de changements majeurs au sein de l’environnement de la danse. Nous sommes passés :

>> Des traitements et symptômes aux soins et à l’analyse des causes ;

>> D’un entraînement intensif à un entraînement intelligent ;

>> D’une situation de victime à celle d’une prise en charge impliquant la personne en tant qu’acteur responsable ;

>> De la seule passion au professionnel passionné ;

Ainsi qu’à la perception d’un environnement d’apprentissage sûr et sain comme une responsabilité partagée.

Le SGD est à l’origine d’évolutions importantes, en particulier du changement dans la façon dont les écoles de danse appréhendent la santé des danseurs.

L’impact sur les écoles qui dispensent des formations en danse de niveau Licence a été général. Au lieu de réagir uniquement aux blessures une fois que celles-ci apparaissent, la priorité a été donnée à une approche proactive de la prévention, tout en recherchant l’amélioration de la performance. Vingt ans plus tôt, la plupart des établissements disposaient seulement d’une liste consultable à l’accueil de l’école, détaillant les coordonnées de professionnels médicaux et paramédicaux que les étudiants pouvaient consulter en cas de blessure. La responsabilité de l’école n’allait pas plus loin. Aujourd’hui, au sein de chacune des cinq écoles hollandaises proposant des Licences en danse, un soutien paramédical, des formations complémentaires et des cursus de formation sont globalement proposés, conformément à ce qui est décrit ci-dessous.

Soutien paramédical

>> Services (gratuits) dans les locaux de l’école, fournis par une équipe pluridisciplinaire (c’est-à-dire un kinésithérapeute, un diététicien, un psychologue) disponibles à des fins de conseil, d’éducation, d’aide précédant la formation, ainsi que d’orientation vers des collègues spécialisés dans le travail avec des artistes-interprètes et des athlètes de haut-niveau.

Examens (voir df)

>> Ils font désormais partie intégrante du déroulement des auditions.

Tests d’aptitudes physiques

>> Par exemple, le test de course à pied de Léger ou un test de gymnastique rythmique et cardio-vasculaire spécifiquement mis au point pour l’évaluation des danseurs, le DAFT, (ou Dance Aerobic Fitness Test), font partie du processus d’évaluation et/ou de suivi.

Formation additionnelle

>> Le maintien de la condition physique par le biais de l’entraînement est devenu partie intégrante du programme de la plupart des écoles intégrant un cursus de Licence en danse.

L’éducation à la santé

>> Les cours/séminaires/ateliers d’éducation à la santé à destination des danseurs sont inclus dans les programmes et offres de formation en tant que cours validant des crédits d’enseignement, ou bien en tant qu’options.

>> Des connaissances de base englobant des sujets tels que l’anatomie fonctionnelle et la physiologie, la nutrition, la prévention des blessures et les premiers secours sont proposées.

>> Les concepts de formation tirés de la physiologie de l’exercice, les principes de formation ainsi que les bénéfices de l’entraînement physique ainsi que la périodisation font maintenant l’objet de discussions dans la plupart des écoles

>> La psychologie de la performance s’intègre également petit à petit au programme basique de formation dans certains établissements

En dépit de l’absence de l’élan initié par le SGD, l’évolution des initiatives des danseurs en matière de santé aux Pays-Bas est en constante mutation.

Faits marquants dans la formation professionnelle en danse

En vingt ans, un grand nombre d’informations et de perspectives a émergé par le biais de la Science de la danse, le domaine scientifique qui se trouve derrière cette discipline artistique. Des connaissances appliquées liées aux domaines spécialisés de la physiologie de l’exercice, de la biomécanique et à bien d’autres d’entre eux trouvent une application quotidienne dans la pratique de la danse.

Les travaux de recherche en science de la danse se sont poursuivis et enrichis au sein des départements de danse de la Theaterschool, de l’Amsterdam School of the Arts, de Codarts à Rotterdam, et de l’ArtEZ Dance Academy d’Arnhem. Bien que le nombre de scientifiques de la danse soit encore réduit aux Pays-Bas, l’histoire de la recherche de la danse aux Pays-Bas remonte à de nombreuses années.

La Theaterschool

L’Amsterdam Theaterschool a été pionnière aux Pays-Bas dans le développement d’un programme de santé à destination des danseurs comprenant un soutien paramédical, une formation additionnelle et un cursus de formation à la santé. Depuis le début, les travaux de recherche ont été intégrés. En tant que coordinatrice de Dance & Health (Dance et santé) de 1992 à 2012, j’ai eu la chance de pouvoir coordonner 13 projets de recherche et d’en assurer l’accompagnement jusqu’à leur aboutissement.

Jacques van Rossum, Psychologue du développement du Département des sciences du mouvement humain, à l’Université VU d’Amsterdam, est impliqué dans l’activité d’académies de danse depuis 1998 et était considéré comme notre « chercheur en interne ». Lors de la Conférence de 2011 de Fondations pour l’excellence, il a présenté les résultats de certaines de ces études dans le domaine de la danse. Un de ses projets de recherche consistait à une Etude du poids des étudiants en danse, ainsi que de leur capacité à gérer ce poids (Investigation of the load and load-ability of dance students – Van Rossum, 2001 et Van Rossum, 2002).

Les questions qui résultèrent de ces travaux de recherche au sujet du poids porté et de la capacité à gérer ce poids étaient : « Comment pouvons-nous apprendre aux étudiants en danse à tester leurs limites sans les outrepasser » ? Et « Comment pouvons-nous lutter contre les causes principales de blessures : le surmenage et la fatigue ? »

Ces travaux de recherche ont donné lieu à la création et à la mise en place d’un journal d’entraînement numérique destiné aux danseurs, appelé Healthy Dancer Diary (Journal du danseur en bonne santé), qui est un outil qui contribue à la réflexion que l’étudiant en danse a sur lui-même. Le Healthy Dancer Diary a évolué pour aboutir à la version 2013 : My Performance, un outil de contrôle personnel, pour développer au maximum le potentiel artistique (My Performance, a tool for self-monitoring, to maximize artistic potential), projet qui entre actuellement dans sa phase pilote, auprès d’une petite promotion d’étudiants des sections classiques et contemporaines au sein de l’école.

Le principe de base de ce journal de bord numérique est simple. Il comporte des questionnaires à remplir au sujet de problèmes liés au mode de vie, à la charge physique ainsi qu’à l’état mental. Ce journal de bord est un outil de contrôle personnel destiné à réunir des informations à propos du bien-être psychologique et mental d’une personne ; il donne accès à des sources de données pour la recherche ; et c’est également un outil potentiel pouvant donner à la direction des réactions et des informations pour optimiser la planification des enseignements et des études (Van Rossum, 2003 et Laws, 2009).

Par le passé, les étudiants venaient consulter le personnel chargé des questions de santé pendant les heures d’ouverture pour trouver une « solution immédiate » à leurs problèmes, et n’étaient pas du tout intéressés par les questions du kinésithérapeute sur la façon dont la blessure était survenue. Aujourd’hui, les étudiants sont bien plus conscients du rôle central qu’ils jouent dans leur propre santé.

Comme un des étudiants l’a déclaré, « C’est mon corps, ma vie, ma carrière. »

Codarts, Rotterdam

La charte de cet établissement constituent un bon exemple de la façon dont une institution exprime l’idée que l’environnement de l’enseignement joue un rôle crucial dans le fait de doter les étudiants des outils pour aborder une carrière saine et longue.

L’excellence et le bien-être sont des fondements importants de la vision et de la stratégie de Codarts. Codarts s’engage à permettre aux étudiants d’aller le plus loin possible individuellement. Chez Codarts, nous sommes convaincus qu’en donnant accès à un environnement où l’étudiant se sent soutenu, avec un service pleinement dédié au développement de leur talent, ceux-ci seront capables d’aller jusqu’au bout de leur potentiel individuel.

Au cours des deux dernières années, Codarts a mis en place un nouveau département d’aide aux étudiants : Student Life (Vie étudiante). Débutée en 2012, il donne accès à unservice centralisé, pour chacun des étudiants en danse, en musique et en arts du cirque de Codarts. L’Health Centre (le Centre de santé) n’est qu’un exemple de service accessible parmi d’autres, ouverts à tous les étudiants provenant de l’ensemble des départements.

De plus, la section de premier cycle en danse a développé et intégré un programme théorique destiné aux étudiants, en mettant en place plusieurs des idées déjà abordées plus haut, sous l’appellation : « Maximising Performance Programme » (Programme de maximisation des performances). Il s’agit d’un programme d’une durée de trois ans, avec des crédits d’enseignement comprenant des cours d’anatomie et de biomécanique, de nutrition, de psychologie de la performance et de prévention et de gestion des blessures. Ce sont, comme nous l’avons relevé, des sujets dont personne n’entendait parler il y a 20 ans.

ArtEZ

Dernier élément examiné, mais non des moindres : un projet de recherche unique en son genre ; l’ArtEZ Dance Academy, à Arnhem. Depuis 2010, ArtEZ a entrepris de mener à bien un projet de recherche longitudinal sur trois ans baptisé MOVE(ME)NT, dont le thème de recherche est le développement d’un programme d’enseignement, « qui part de la base » et comprend la santé et le bien-être. Le programme d’enseignement remanié emploie des principes scientifiques comme la périodisation pour réduire le nombre de blessures, réduire le stress et la fatigue, incorporer notamment des périodes de repos, alléger progressivement l’emploi du temps en vue d’augmenter l’efficacité durant les périodes de répétition et celles de représentation (Wyon, 2010).

L’Académie a procédé à un examen rigoureux des programmes traditionnels d’enseignement de la danse et n’en a gardé que l’essentiel, et repart maintenant de zéro pour les reconstruire, avec une forte collaboration à tous les niveaux : étudiants, membres du personnel, personnel paramédical, le directeur ainsi que deux scientifiques de la danse ; tous sont impliqués. Tout cela intervient dans un climat d’apprentissage où les personnes ont le sentiment qu’il s’agit là de bonnes conditions pour se développer.

« Nous le faisons parce qu’on a toujours fait comme ça » devient : « Pourquoi est-ce que je fais ce que je suis en train de faire ? ».

Ce projet est le fruit d’une coopération britannique-hollandaise initiée par Gaby Allard, Directrice de l’ArtEZ School of Dance, et dirigée par Matthew Wyon, Professeur en Science de la danse à l’Université de Wolverhampton et Professeur associé à ArtEZ, et par Derrick Brown, assistant de recherche et scientifique du mouvement spécialisé en danse, qui est lui aussi rattaché à l’Université de Wolverhampton. Derrick est le premier scientifique de la danse aux Pays-Bas.

MOVE(ME)NT constitue une approche globale : soutien paramédical, éducation, développement de programmes, travaux de recherche qualitative et quantitative conduits en partenariat, non pas en tant qu’éléments séparés, mais comme des boucles de rétroaction, qui s’alimentent les unes les autres. Ce projet de recherche est véritablement révolutionnaire dans le monde de la danse.

Un des facteurs essentiels de réussite tient au rôle du Conseil de gouvernance. Chez Codarts et ArtEZ, les conseils de gouvernance donnent leur aval sans réserve et soutiennent pleinement ces nouveaux développements. Un des éléments primordiaux pour l’intégration de la santé des danseurs au sein d’une académie de danse ou d’un conservatoire est le soutien de l’organisation : pas seulement de la part des individus qui étudient la danse, mais également de la part des enseignants et des directeurs artistiques, de même que des équipes de professionnels de santé.

Tout le monde doit contribuer à l’existence d’un environnement d’apprentissage sain, à des modes de vie qui favorisent une bonne santé, ainsi qu’à des modes d’entraînement intelligents, pour optimiser les performances optimales.

Climat culturel

Afin de comprendre où en est la danse hollandaise à ce jour, nous devons évaluer le changement fondamental récent du climat culturel au sein duquel doit survivre la danse professionnelle aux Pays-Bas. Des changements similaires se produisent partout en Europe.

Le New York Times a même publié un article à propos de ce changement radical, dont est tiré l’extrait suivant :

« La crise financière a forcé des pays de toute l’Europe à sabrer les budgets gouvernementaux, mais le secteur culturel a été très tôt pris pour cible par cette politique. L’impact le plus profond de ces coupes budgétaires s’est fait sentir le plus vivement, de manière assez paradoxale, dans les pays qui ont été les plus généreux pour les disciplines artistiques, comme le Royaume-Uni, l’Autriche et les Pays-Bas ». (Siegel, 2013).

Les arts du spectacle aux Pays-Bas subissent actuellement d’énormes coupes budgétaires dans le domaine culturel. Une quantité substantielle d’organisations artistiques et culturelles et de sociétés n’ont pas bénéficié de subventions pour la période de 2012 à 2016. Le mouvement de coalition conservateur a pris une position très dure, en utilisant une rhétorique anti arts du spectacle agressive pour justifier des coupes budgétaires de grande ampleur. Depuis que le budget a été arrêté, un gouvernement plus libéral a été élu en septembre dernier. Même si la situation à l’égard des coupes budgétaires n’a pas changé, au moins la guerre rhétorique contre la culture a cessé.

Il est pour l’instant difficile de dire quel sera l’impact à long terme de ces restrictions. Dans le cadre des nouvelles règles budgétaires, une seule compagnie par ville peut se voir allouer des fonds. Donc, le Ballet national des Pays-Bas et le Nederlands Dans Theater sont toujours en vie, mais plusieurs danseurs talentueux qui commencent à se faire connaître doivent se mettre en quête de nouveaux moyens pour acquérir de l’expérience professionnelle et développer leur carrière. Cela signifie que de nombreux danseurs professionnels passent maintenant d’un poste de titulaire au sein d’une compagnie au statut de danseur indépendant. Par précaution, les danseurs étudient l’Omscholingsregeling (le Programme de réorientation et de formation à destination des danseurs) pour bénéficier d’un soutien dans leur transition vers un autre métier. L’Omscholingsregeling est l’une des conditions préalables à l’emploi stipulées dans le CAO (la Convention collective du secteur) de la danse. Ce remarquable dispositif, mis en place en 1986, aide les danseurs à changer de carrière et leur donne accès à des conseils en matière de recherche d’emploi. Heureusement, après sa prise de fonction, le nouveau Secrétaire à la Culture a annoncé que l’Omscholingsregeling serait renouvelé sans faire l’objet de coupes budgétaires.

Conclusion

Face à la dure et brutale réalité des restrictions budgétaires, l’avenir qui se dessine pour la prochaine génération de danseurs professionnels ne rime pas avec sécurité de l’emploi. De ce fait, tous les danseurs doivent se considérer comme des indépendants : la gestion personnelle et la persévérance sont devenues une nécessité. Le fait de donner à des étudiants en danse les moyens de faire des choix en connaissance de cause vis-à-vis de leur mode de vie, de leurs méthodes d’entraînement et de leurs pratiques de travail, développe la flexibilité pour répondre aux évènements, et doit devenir un objectif naturel dans le cadre de tout programme visant la santé des danseurs. C’est une grande source de satisfaction de constater qu’après vingt ans, le pourquoi de la santé des danseurs dans la formation à la danse professionnelle aux Pays-Bas n’est plus un problème ; c’est une réalité.

Conseils de lecture

  • Bronkhorst, P. and Rijven, M. (ed) (2001) Not just any body ; Advancing health, well-being and excellence in dance and dancers with contributions from Deborah Jowitt (et coll.) Owen Sound, Ontario, Canada : The Ginger Press
  • Laws, H. (2009) ‘Using Training Diaries in Dance’, Dance UK News Issue 73, summer 2009 26-27
  • Linden, M. van der (ed) (2004) Not just any body & soul – health, well-being and excellence in dance. Amsterdam, the Netherlands : International Theatre and Film Books
  • Rossum, J.H.A. van (2001) HBO-dans : Aspecten van belasting en belastbaarheid. Amsterdam : Hogeschool voor de Kunsten, Dansopleidingen (niet-gepubliceerd onderzoeksrapport)
  • Rossum, J.H.A. van (2002) ‘De fysieke fitheid van dansers-in-opleiding’ in van der Linden, M. Eversmann, P. and Krans A. (ed) Danswetenschap in Nederland. Amsterdam : Vereniging voor Dansonderzoek
  • Rossum, J.H.A. van (2003) Danslogboek, een onderzoeksproject ; Evaluatie van een danslogboek. Amsterdam : Dansopleidingen, De Theaterschool, Amsterdamse Hogeschool voor de Kunsten (niet-gepubliceerd onderzoeksrapport)
  • Siegel, N. (January 29, 2013) ‘Dutch Arts Scene Is Under Siege’, The New York Times.
  • http://www.nytimes.com/2013/01/30/arts/
  • Wyon, M. (2010) ‘Preparing to Perform, Periodization and Dance’, Journal of Dance Medicine and Science, 14 (2), 67-72

Sites Internet

www.artez.nl/DANS              ArtEZ Dance Academy, Arnhem

www.codarts.nl                     Codarts, Rotterdam

www.danceuk.org                   Healthier Dancer Programme Dance UK

www.detheaterschool.nl de Theaterschool, Amsterdam School of the Arts

www.iadms.org Association Internationale pour la Médecine et la Science de la Danse

www.omscholingdansers.nl             Retraining Programme for Dancers, Pays-Bas

www.tamed.de                      Tanzmedizin Deutschland

 

www.thedcd.org.uk                Dancers’ Career Development, Royaume-Uni

 

 

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