Compte-rendu de Dean Brodrick

J’ai dormi la plupart du voyage. Quand nous sommes arrivés à Brest, les étudiants attendaient. J’ai rencontré Fabrice, l’autre professeur. Nous avons discuté de l’ensemble du stage pendant ces 3 jours. Puis les stagiaires ont formé des groupes, chacun occupant un des 5 locaux de répétition. Nous avons décidé de faire un point quotidien avec tous les étudiants le matin ou après le déjeuner. Cette session permettrait d’établir les bases pratiques de rythme et l’harmonie. J’étais très préoccupé à l’idée de désinhiber les étudiants dans le chant et le mouvement pour essayer d’encourager une physicalité plus profonde dans le processus de création musicale : les étudiants dans les précédentes étapes du stage avaient passé une si grande partie de leur temps assis tout en jouant et peu admettaient être capable de chanter.
Fabrice a suggéré que nous regardions les gammes et les modes dans nos sessions de groupe, et nous avons mis un accent particulier sur les gammes PENTATONIQUES et BLUES et la progression de 12 BAR BLUES. Fabrice leur a fait écouté quelques exemples sur CD. Cela s’est avéré très précieux pour une grande partie des musiques actuelles qui exploite ou prend comme référence ces gammes et cette forme. A la fin des 3 jours, tous les groupes étaient rassemblés pour jouer une forme de blues réalisée de manière spontanée, créant ainsi un nouveau morceau de musique improvisée. Nous sommes donc heureux de cette collaboration particulièrement réussie.
J’ai commencé à présenter aux étudiants l’idée de CONDUCTION; une technique développée par Butch Morris impliquant le processus d’une personne conduisant un orchestre qui utilise des gestes prédéterminés pour spontanément arranger la musique sur scène. Dans une configuration (le groupe de musicien à vent le 3è jour) j’ai suggéré que chaque musicien prenne consécutivement le rôle « de l’interlocuteur » dans une version d’APPEL et de RÉPONSE de la forme de blues que nous étudions. Dans ce processus, la confiance de l’individu pour improviser et mener des mélodies ainsi que la capacité pour écouter, comprendre et répéter une phrase (musicale) ont été fortement développé. Pendant la semaine j’ai communiqué des idées musicales principalement en chantant et en applaudissant et seulement si nécessaire j’écrivais des notes utilisées sur un tableau pour montrer clairement une forme de chanson ou une mélodie, etc.

Dans nos séances collectives ainsi que dans nos séances de dans les studios de répétition, il était évident que, malgré la familiarité de certains des élèves avec certaines formes rythmiques et harmoniques, TOUS bénéficieraient grandement de la répétition d’idées musicales élémentaires, telles que :
– Les échelles majeures et mineures,
– La reconnaissance des intervalles comprenant l’octave,
– La construction d’harmonies majeures et mineures,
– L’utilisation de progressions harmoniques simples (I, IV, V, I, II, V, I, etc),
– Les éléments de rythme et des indications de la mesure simples,
– L’attention à la dynamique, au timbre et à l’espace dans la musique,
– La prise de confiance dans le chant ou la vocalise, ce que l’on veut jouer sur l’instrument,
– La relation fondamentale entre la plupart des formes rythmiques proposées comme base pour le chant et la danse.

Tous les groupes ont participé à la co-composition d’au moins 2 chansons, l’une ayant les 12 mesures du blues (12 BAR BLUES) comme point de départ. Les variations conçues étaient les plus intéressantes. Notre objectif, en utilisant tous ces outils éducatifs, est de favoriser la musicalité à travers l’écoute, tout en encourageant, à chaque étape, le développement de chaque élève pour trouver sa propre voix, individuelle et unique.

Souvent, le professeur / mentor rencontre chez l’étudiant un cadre physique et conceptuel restreint qui inhibe le développement naturel de la technique et de la créativité de l’instrumentiste.

Au cours des 3 jours, on espère évoquer et transmettre à l’étudiant quelques-unes des infinies possibilités de faire de la musique, et de remettre en question certaines des hypothèses inévitables qu’une jeune personne peut avoir en ce qui concerne la pratique de la musique et de la composition.
On ne peut pas sous-estimer l’importance de la capacité de l’étudiant à rester flexible, ouvert aux nouvelles idées et aux possibilités qui vont s’offrir à lui. L’acquisition de compétences musicales n’est pas quelque chose de naturel ou qu’on peut acheter, même si un étudiant est très prometteur dans les premières étapes de son développement, ou possède un instrument ou un amplificateur impressionnant. Mais ces compétences à jouer ou à composer s’obtiennent de longue lutte, après 1000 heures de pratique dédiée et répétitive, nécessitant une grande discipline, du sacrifice et la concentration. Cela dit, il ne faut jamais oublier que la musique, c’est DU JEU. C’est un dialogue ludique entre musiciens, qui par nature sont très « sérieusement fun ». Donc, on s’efforce toujours de pratiquer et de créer dans une atmosphère de convivialité légère.
Ces ateliers de création musicale à Brest ont été un grand succès. Les longues heures d’efforts de concentration de tous les élèves étaient fort encourageantes, tout comme leur volonté de participer aux activités et aux jeux proposés, ainsi que l’humeur positive et joviale durant ces 3 jours.

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