Retour de session côté anglais

Retour de session de l’accompagnement du groupe TALKIN DUMBS par Thomas Brooman et Patrick Duff les 26 et 27/04/2014.
1er jour

Nous avons créé un cercle de discussion depuis le début du week-end avec le groupe, Savi et Celia (membres d’AVLS – A Vous Les Studios), Manu (l’ingénieur du son), Nathalie Savéan (coordinatrice du Projet MAP).

Nous nous sommes tous présentés pendant environ cinq minutes.
Maxime, 25 ans, leader du groupe, écrit tout et organise l’activité de tout le groupe (concerts, enregistrements, mise en réseau, etc.).
Lionel, environ 25 ans, batteur du groupe depuis dix-huit mois et joue aussi dans plusieurs autres groupes. Lionel enseigne la batterie et il vient d’une famille musicale.
Hugo, la vingtaine, est le guitariste du groupe depuis sept mois et il a semblé avoir moins d’expérience musicale que les autres.
Jean-Francois, la trentaine, est bassiste et a rejoint le groupe depuis seulement deux semaines. J-F a une large expérience musicale. Il joue aussi de la guitare et enseigne ces deux instruments. J-F vient de Toulouse et est un nouveau venu en Bretagne. Maxime, Lionel et Hugo sont tous de Brest ou de villes proches.

C’était une surprise de comprendre comment cette formation est nouvelle et nous avons évidemment fait de notre mieux pour répondre à cette situation.
Nathalie, Savi et Celia ont aussi donné certaines informations sur le contexte et les objectifs du projet MAP. Cette session est gérée par Musique et la Danse Finistère et représente une partie du projet où des méthodes d’enseignement sont partagées entre la France et le Royaume-Uni.
Dix jeunes musiciens du Sud-ouest de l’Angleterre accompagnés par Hugh Nankivell et Dean Brodrick étaient également présents à la Carène durant le week-end. Ils étaient rassemblés avec dix jeunes musiciens bretons ave l’objectif de créer un set sur les cinq jours.

Une fois les introductions faites, nous avons d’abord demandé au groupe de nous jouer le plus vieux morceaux, le plus récent, celui qu’ils préfèrent, et enfin une reprise.
Ils ont joué :
How To See A Soul (composé il y a cinq ans)
Maggie Day
Shredded Paper Dolls (une chanson de Glasgow avec le refrain principal ‘the darkest hour of the brightest night’)
Fare Thee Well

Après une courte pause nous nous sommes réunis en cercle une fois encore et nous avons demandé aux membres de nous parler de leur vision, de l’image pour le groupe, ainsi que leurs idées et souhaits pendant ce week-end.
L’image a été un peu généralisée mais des points clairs sont ressortis comme la volonté de jouer ensemble à un niveau professionnel et de gagner leur vie à plein temps sur la base de leur créativité individuelle et de la matière produite.

Pour ce week-end, ils ont exprimé l’envie d’apprendre, de recevoir des conseils sur des méthodes de pratique et aussi n’importe quelles recommandations sur la présentation sur scène. Au cours de cette discussion nous avons également appris qu’ils répétaient environ deux fois par semaine pendant cinq ou six heures; qu’ils ont booké vingt concerts jusqu’en septembre (surtout en Bretagne, mais aussi à Paris); qu’ils viennent de sortir un CD auto-produit (1000 copies fabriquées) et qu’ils ne passent pas par un manageur ou une agence.

Après le déjeuner nous nous sommes concentrés sur la musique et la composition.
Nous avons présenté l’idée au groupe que la créativité est finalement un voyage intérieur. Bien que nous soyons influencés, par exemple, par des chansons et des poésies, des livres et des films que nous avons ressentis, ils sont changés d’une certaine façon en les mélangeant avec ce que nous sommes. Toutes nos influences sont mélangées ensemble et « stockés » dans notre inconscient où nos vraies talents vivent. Dans le processus de cette alchimie intérieure nos influences réagissent ensemble et sont changées par notre talent dans quelque chose de nouveau, d’authentique, d’original qui devient notre propre vraie voix. Cette nouvelle idée est alors lancée dans notre conscience où, si nous savons comment la reconnaître, nous pouvons commencer à explorer des moyens pour l’exprimer.

Cette idée peut être utilisée dans un sens plus pratique. Le processus se passe chaque nuit où nous rêvons. Donc nos rêves sont une façon facile de développer une relation à la réalité et à notre propre créativité. C’est un processus naturel. Nous avons encouragé chaque personne dans le groupe à acheter un livre spécial pour commencer cette relation avec eux-mêmes.

Une autre façon pratique de s’engager avec sa créativité est l’exercice d’écriture automatique de la conscience. Nous l’avons donc fait. Le groupe entier a écrit sans hésitation durant dix minutes de manière continue. L’exercice s’est déroulé dans la même salle. Cet exercice fût un grand succès. Il nous a apporté un tableau riche de symboles, d’idées, d’expressions et d’atmosphères que nous avons suggérées d’utiliser comme point de départ pour des chansons et la musique. Nous avons remarqué que le groupe désirait intensément partager ce qui s’était passé dans leur exercice d’écriture. L’atmosphère de la pièce s’est transformé en univers de créativité. Nous avons expliqué combien ces expressions ressortis de cet exercice pouvait amorcer le travail créatif. Ceci a été clairement compris par tout le monde. Cela s’est passé de manière naturel avec la facilité par laquelle nous avions accompli une telle récolte d’images. Il a été souligné comment nos différents morceaux avaient des thèmes communs. Tout le monde était heureux. Nous avons commencé par explorer une des expressions qui étaient venues d’Hugo, le plus timide. Son expression était ‘the shadows of the stage’. Nous avons exploré l’idée musicalement d’abord.

Nous avons demandé au groupe de permuter leurs instruments pour bousculer un peu les choses et cela a marché. Particulièrement pour Hugo qui était le chanteur dans cet exercice et qui a été encouragé à se lâcher un peu. Ce qu’il fit à notre grande surprise. Ensuite nous sommes retournés à la configuration plus habituelle du groupe et avons continué à explorer l’expression et son atmosphère. En réexaminant leur propre processus nous avons entraîné le groupe vers l’origine de leur blocage en simplifiant et re-simplifiant leur approche. Nous sommes finalement arrivés à une idée musicale englobant la beauté, le mystère et l’enthousiasme qui s’était produite dans la pièce. Ce début d’exercice musical s’est finalement transformé en une chanson étonnante appelée ‘Nobody’s Dancing.’

À la fin de la session d’après-midi nous nous sommes remis en cercle pour s’assurer que toutes les idées que nous avions espéré articuler avaient été communiquées avec succès.
2è jour
Dimanche matin nous avons commencé par un atelier de quatre-vingt-dix minutes sur le monde professionnel de l’industrie de la musique à travers la création d’un schéma.

La session a commencé par l’identification de tous les genres musicaux que nous pourrions avions en tête. Puis nous avons identifié autant de publics pour tous ces styles de musique (cf. schéma).

De là, nous avons utilisé un récit anecdotique et basé sur l’expérience pour créer ‘une carte’ d’activité montrant les liens entre les genres (en haut du schéma) et les publics (en bas du schéma) et le groupe au milieu du schéma. Nous avons identifié les zones de travail qui mènent un certain nombre de genres de musique à un certain nombre de publics, impliquant les agences, manageurs, les maisons de disques, l’infrastructure touristique, le travail de la radio, de la télévision, les licences, la publication, la promotion, le travail médiatique etc…
Pendant le processus nous avons aussi identifié les valeurs de travail dans nos vies musicales, y compris l’honnêteté, l’engagement, le respect de soi, l’intégrité politique et le plaisir! Cette session a été très bien reçue et tout le monde a contribué au travail de façon positive.

Après une pause café le groupe est retourné sur scène pour jouer. Nous avons demandé au groupe de se concentrer sur « Paper Shredded Dolls » et ils ont joué la chanson de nouveau dans son arrangement actuel. Nous leur avons demandé alors de répéter ce morceau trois fois en demandant à tour de rôle à un des membres de quitter la scène et d’écouter la chanson sans jouer leur propre partie et instrument. Chaque membre y a répondu extrêmement bien et quand tous les quatre musiciens sont retourné jouer, une amélioration et des changements significatifs se sont produits tant dans l’arrangement que dans la dynamique de jeu sur scène.

Le groupe avait aussi demandé des conseil de présentation sur scène et nous avons passé un certain temps à discuter les détails de leur arrangement de scène. Encore une fois, tout le groupe était ouvert et réceptif aux suggestions.

Après le déjeuner nous sommes retournés au travail d’improvisation du jour précédent et nous avons commencé à développer un morceau basé sur un riff descendant que Maxime avait présenté avec sa guitare sur les genoux (« lap-steel »). Nous leur avons demandé ensuite de se concentrer sur le silence et de jouer avec le minimalisme absolu et l’attention au jeu de chaque personne. Nous avons suggéré ‘the last day on earth’ comme un point de départ de la musique émanant du silence.

Au cours de la dernière après-midi le groupe a rapidement développé un morceau vraiment impressionnant de paysage musical, de lumière et de nuance, de retenue et de lâchement, construisant sur quelques expressions lyriques qui étaient apparues; ‘Nobody’s Dancing’, ‘A Vicious Masquerade’…

Nous avons conduit une nouvelle discussion dans notre cercle et avons passé en revue tous les domaines de progression nous avions fait depuis samedi matin. Dans cette discussion nous avons pu aussi émettre de fortes réserves sur le nom du groupe et nous avons identifié le simple fait que ‘Dumbs’ n’est pas un mot qui peut bien marcher dans la langue anglaise. Cela a été pris extrêmement bien pris et nous avons estimé que le niveau d’ouverture du groupe sur les sujets abordés reflétait le degré fort de confiance qui s’était accrues.

Notre session d’après-midi s’est finie avec une performance de Talkin Dumbs pour le groupe de vingt jeunes musiciens qui avaient aussi travaillé dans le même bâtiment. Le groupe a joué Paper Shredded Dolls et Nobody’s Dancing et la performance était convaincante et impressionnante. Nous nous sommes ensuite réunis dans l’espace de travail de Hugh et Dean avec les jeunes et nous avons tous écouté leur morceau en développement.

Cette idée ‘de finale’, suggérée par Hugh Nankivell s’est avérée être une expérience vraiment réussie et agréable pour les deux groupes impliqués. Maxime, Lionel, Hugo et Jean-Francois étaient tous très enthousiastes de leur expérience durant ce week-end et nous avons été très heureux du degré de communication et du progrès musical qui avaient été réalisés.
Résultats :
Nous avons l’intention de rester en contact avec le groupe et d’étudier les possibilités de concert live en Angleterre l’année prochaine.

Observations générales :

L’occasion de travailler dans ce contexte à la Carène était tant agréable qu’intéressante. Il était intéressant de conduire les sessions en présence des observateurs d’AVLS et le travail a été conduit avec professionnalismes et cohérence. Nous avions envoyé quelques notes à l’avance à la Carène au sujet de nos critères de sélection et intentions de méthodes de travail. Ces notes sont jointes s à ce rapport. Nous nous sommes sentis heureux que toutes les intentions et les idées que nous avions exprimées se sont déroulées avec succès ce week-end.

Ce fût un travail difficile mais très réjouissant.

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